La consumérisation est une aventure humaine (avant tout !)

…ou la consumérisation vue au prisme du collaborateur ! Les collaborateurs saisissent-ils toutes les implications d’une utilisation de leurs équipements personnels dans le cadre du travail ? Et les entreprises réalisent que la consumérisation n’est pas qu’une affaire de technologie. Car il y a un facteur humain : le collaborateur !

Bonne nouvelle : vous travaillez dans une entreprise qui a accepté la consumérisation. Adieu portable professionnel aussi sexy qu’une armoire normande, et bonjour smartphone dernier cri, votre petite folie de noël dernier. Encore mieux, imaginez que vous puissiez accéder à votre email pro, confortablement installé dans votre canapé chez vous, alors, qu’en parallèle, vous planifiez vos prochaines vacances sur Booking.com. Cerise sur le gâteau technologique, peut-être travaillez-vous pour une de ces entreprises qui vous encouragent à utiliser vos propres bijoux technologiques, en réglant une partie de votre facture !

Mauvaise nouvelle: vous êtes désormais un adepte de la consumérisation en entreprise. Mais ce matin, alors que tout va bien (comme le dirait Axelle Red), impossible de mettre votre iPad en route. Ô rage, Ô désespoir, Ô détresse avachie (jusqu’au double robusta du matin) ! Après enquête dans le giron familial, vous vous rendez compte que votre petit dernier s’est amusé à deviner votre mot de passe, pour pouvoir accéder au joli jeu vidéo que vous lui avez installé la veille sur la tablette. Le souci : après trois tentatives avortées, votre bout’chou (enfin, si vous le considérez toujours de la sorte), a initié un nettoyage complet de votre tablette, comme l’impose les règles de sécurité de votre entreprise en cas d’équipement volé ou égaré. Bien sûr, vous pourrez toujours restaurer vos données d’entreprise qui ont été sauvegardées. Mais adieu à vos photos, vidéos, MP3 et autres carnets d’adresses persos. Bien sûr, vous n’avez pas sauvegardé ces trésors, parce que, franchement, ce genre de catastrophes, ca n’arrive qu’aux autres…

Analystes, médias, et autres leaders d’opinion ont souvent présenté la consumérisation sous l’angle technologique, qu’il s’agisse de contrôle d’accès, de sécurité, de chiffrement ou de gestion des flottes mobiles. Aujourd’hui, les outils existent pour prendre en charge technologiquement la consumérisation. Mais quid de sa dimension humaine, d’autant que cette tendance y puise son origine, mais risque aussi d’en faire un frein principal.

En effet, dans l’optique du collaborateur, la consumérisation n’est pas un blanc-seing de sa direction informatique pour l’inviter à utiliser son équipement personnel comme il el souhaite, mais plutôt une utilisation réglementée qui impose certaines contraintes. Ces contraintes sont à l’origine de nombreuses interrogations pour le collaborateur, qui s’articulent autour de trois thématiques.

Perte de données personnelles. Lorsque vous utilisez un smartphone, un PC portable ou une tablette pour consulter vos emails, votre agenda ou votre annuaire d’entreprise, il a de fortes chances que votre entreprise utilise des fonctionnalités et outils logiciels pour sécuriser et gérer les données présentes sur votre équipement. L’installation d’un agent de gestion des flottes mobiles peut être requis pour que votre directions informatiques accèdent aux données et applications sur votre équipement. Qu’une entreprise veuille sécuriser et administrer les équipements nomades est légitime, mais cette volonté s’adosse trop souvent sur des outils informatiques qui n’assurent pas le distingo entre données personnelles et corporate. Ainsi, dans le cas un d’accès non-autorisé (réel ou présumé), l’ensemble du contenu de l’équipement est plus ou moins effacé automatiquement, tandis que l’appareil est susceptible d’être vérouillé.
Et le collaborateur est invité à s’interroger : dans quelles conditions, les données présentes sur mon équipement sont-elles supprimées ? Cette suppression est –elle automatique si je quitte l’entreprise ? Puis-je donner mon accord (ou pas ?) en cas de suppression à distance? Que deviennent mes données personnelles suite à ce grand nettoyage ? Est-il possible de restaurer mes données personnelles effacées ?

Confidentialité. Dans certains cas, les adeptes de la consumérisation peuvent être demandés de mettre à disposition leur équipement personnel, à des fins d’examen lors de litiges ou d’audit. C’est une exigence possible de l’employeur de pouvoir consulter l’historique des sites Web visités, les téléchargements, les transactions financières, les appels et SMS personnels, voire les activités sur les réseaux sociaux. Voila qui pose évidemment la problématique de la confidentialité de ces données personnelles… et de votre localisation. Les outils de gestion de flotte mobile sont capables de géolocaliser en temps réel un équipement… et donc son propriétaire ! Cette fonctionnalité permet d’identifier si un équipement est égaré ou volé avant d’activer un processus de verrouillage, ou de désactiver de manière sélective les caméras et microphones au sein des espaces d’entreprise sensibles et confidentiels. Mais bien sûr, cette fonctionnalité permet également, de manière fortuite ou délibérée, de connaître votre position.

Et de collaborateur de s’interroger à nouveau : mon équipement personnel est-il susceptible d’être « analysé » dans le cadre de litiges, d’audits ou d’analyses post-incident ? Ce risque s’applique-t-il aussi aux autres membres de ma famille ? Qui aura accès aux informations personnelles présentes sur mon équipement ? Serais-je prévenu si je suis geolocalisé et puis-je m’y opposer ? La géolocalisation est –elle active en dehors des heures de travail ?

Risque d’immobilisation de l’équipement. Les équipements nomades sont portatifs et ils sont à portée de main où que vous alliez… Le risque de vol ou de perte est donc réel. Si vous utilisez votre équipement dans un cadre professionnel, cet équipement risque d’être verrouillé ou effacés à distance si votre entreprise initie une telle action. Et bien sûr, votre équipement peut être immobilisé dans le cadre de litiges ou d’audit. Vous vous retrouvez sans votre équipement et vous devrez sans doute y remédier…
Et de nouvelles interrogations pour le collaborateur : Puis-je bénéficier d’un équipement de remplacement en cas d’immobilisation de mon équipement ? Qui est responsable de la sauvegarde et de la restauration des données personnelles ? Quel est le processus pour pouvoir retrouver l’utilisation de mon appareil ?

Voila un tour d’horizon des multiples interrogations chez le collaborateur qui fait le pas de la consumérisation. Gageons que ces contraintes seront compensés par le Plaisir de pouvoir utiliser son bijou technologique en entreprise. Mais ces questions intéressent également les directions informatiques qui y trouveront des messages pour communiquer sur les bonnes pratiques en matière de consumérisation. Car si aujourd’hui, les solutions existent pour prendre en charge les risques technologiques de la consumérisation, n’oublions que cette aventure est avant tout initié par et pour l’humain!

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